Ne parle-t-on pas davantage du Carême que du Temps pascal ? Les 40 jours du Carême qui nous conduisent à Pâques ne sont-ils pas plus valorisés que les 50 jours du Temps pascal qui suivent la célébration de la résurrection du Christ ?

Si le Carême nous est donné comme un temps pour nous préparer à Pâques, le Temps pascal nous est donné pour en recueillir les fruits et découvrir que Pâques, c’est la fête de fêtes qui célèbre la Bonne Nouvelle qui est au cœur de notre foi. Le Christ est sorti vivant du tombeau, il est ressuscité, vainqueur du mal et de la mort ! Si Pâques se célèbre comme un sommet, c’est donc aussi pour nous un point de départ. C’est une source de vie qui jaillit pour notre quotidien en nous ouvrant un avenir inespéré de vie éternelle. Ce n’est pas trop de 50 jours pour fêter ça !

Le Temps pascal commence avec le dimanche de la Résurrection et se déploie durant huit dimanches (c’est-à-dire cinquante jours) jusqu’à celui de Pentecôte ; ce qui permet, au fil des semaines, de découvrir toutes les harmoniques du mystère pascal.

La Cinquantaine pascale est un temps de joie ! Nous sommes passés de la mort à la vie, nous avons fêté la Résurrection du Christ. Le Temps pascal, inauguré à la Vigile pascale, prolonge la célébration de la fête que l’on vient de vivre et ne fait qu’un avec elle.

Tous les dimanches constituant le temps pascal sont considérés comme « dimanche de Pâques » et non « après Pâques », et forment un seul et unique jour de fête, ou mieux “un grand dimanche”.

Ainsi, de Pâques à la Pentecôte, tous les dimanches sont consacrés à célébrer l’actualité de la résurrection du Christ dans nos vies et dans notre monde. Cette pratique inscrit dans le déroulement du temps que, pour l’Église, Pâques est l’événement central de la foi chrétienne. « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine », écrit saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (1 Co 15, 17).

« Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine »
(1 Co 15,17)

Dans chacune de nos églises, le cierge pascal est le symbole qui accompagne cette belle et longue fête. Durant la Cinquantaine pascale, il reste dans le chœur, il est allumé à chaque messe, son pied est décoré, fleuri, comme un des signes de la présence du Christ.

Le chant de l’Alléluia est typiquement pascal, on ne l’a pas chanté durant le Carême. Il est repris solennellement à la Vigile pascale. Cette acclamation a son origine dans la Bible, elle signifie « Louez Dieu ! ». C’est par excellence l’acclamation pascale rendant grâce à Dieu qui a ressuscité Jésus ; il l’a relevé du mal et de la mort pour qu’il nous ouvre le chemin de la Vie qui ne finit pas. Le chant de l’Alléluia prend sa place avant l’annonce de l’Evangile qui proclame la Bonne Nouvelle qui nourrit notre foi.

La couleur liturgique du Temps pascal est le blanc qui rappelle les vêtements des anges au matin de Pâques (Jn 20,12) et ceux des ressuscités avec le Christ habitant la Jérusalem céleste (Ap 7,9s).

Nous avons 50 jours pour nous souhaiter une belle et sainte fête de Pâques. Le Temps pascal nous invite donc à revisiter la richesse de notre foi au Christ ressuscité et à intégrer « Pâques » dans notre quotidien. Célébrée dans la liturgie, l’expérience pascale touche notre vie de tous les jours, nos relations et notre travail, nos préoccupations et nos projets. Elle invite à l’espérance, au cœur de nos déceptions et de nos échecs, de nos blessures et de nos erreurs ; elle appelle à la solidarité avec ceux et celles qui cherchent la paix, la justice, la libération. Croire au Christ ressuscité nous rend capables de porter un regard lucide sur nous-mêmes et d’y voir ce que le Christ transforme en germes d’une Vie nouvelle, porteuse de promesses.

Bonne fête de Pâques ! Que la lumière du Ressuscité brille dans nos cœurs, qu’elle nous rassure face aux inquiétudes de ce temps, qu’elle éclaire nos pas pour que nous osions avancer sur nos routes quotidiennes comme des pèlerins d’espérance.

André Minet
Curé-Doyen