(01/09/1935 – 23/03/2025)
Le Frère Remo Pistrin est décédé ce dimanche 23 mars 2025, le jour même où on fête à Mons Notre-Dame de Messines, une église où il fut présent depuis une trentaine d’années.
Ci-dessous, vous pourriez lire l’article d’Huber Wattier paru il y a trois ans dans la revue du Clocher de Messines (Juin 2022, n°91), alors que le Frère Remo célébrait ses 60 années d’ordination presbytérale.

Le Frère Remo, l’homme aux triples racines…
Italie, Belgique, Chili : quand le Frère Remo Pistrin est devenu curé de la paroisse de Messines, en 1999, il connaissait bien ces trois pays et ces deux continents. Et l’on peut dire qu’il a laissé une partie de son cœur au Chili. C’est qu’il lui a consacré trente ans de sa vie de prêtre, donc la moitié puisqu’il fêtera l’an prochain ses 60 ans d’ordination… En poste dans différentes paroisses, notamment dans la banlieue d’Osorno et au bord du Pacifique, le Frère Remo a aussi exercé des responsabilités importantes dans le diocèse d’Osorno, qui compte un demi-million d’habitants : vicaire général durant huit ans, administrateur diocésain durant un an, puis à nouveau vicaire général durant treize ans.
Quand ses supérieurs de l’ordre des frères mineurs (c’est-à-dire les Capucins) le rappellent en Belgique, en 1996, c’est un déchirement. « J’avais toujours eu le désir de partir au Chili et je m’étais préparé durant un an au Collège d’Amérique Latine à Louvain (Leuven) où j’avais appris l’espagnol ».
A onze ans en Belgique
Mais son pays de naissance, c’est l’Italie : «e suis né le 1er septembre 1935 à Rivignano, dans la province d’Udine (une petite centaine de kilomètres de Venise) dans une famille de petits agriculteurs. Mes grands-parents paternels étaient fort pratiquants et très tôt j’ai eu le désir d’entrer chez les Servites. À plusieurs, nous passions tout notre dimanche après-midi à l’église. »
Ses grands-parents maternels, eux, vivent déjà en Belgique, dans le Namurois. « En 1946 – j’avais donc onze ans – nous sommes arrivés à Spontin, où mon père venait travailler dans les carrières de fours à chaux …» Modeste, Remo est aussi pudique et il ne s’étendra pas sur la difficulté, pour une famille italienne, de s’insérer dans ce petit village de 450 habitants, qui vit à l’époque sa population s’accroître de 200 immigrés venus de la péninsule…
Chez les Capucins
Mais le jeune garçon est tenace et il apprend par lui-même le français, lui qui ne parlait alors que la langue du Frioul… A 14 ans, il rejoint le collège franciscain de Tournai, l’équivalent d’un petit séminaire. « Je suis entré chez les Capucins en 1955 et j’ai fait mon noviciat durant un an à Mons. Ce noviciat commençait à peine, nous étions trois ». Vient ensuite la formation en philosophie et théologie à Strasbourg et Lyon et l’ordination comme diacre par Mgr Delcuve, un capucin montois. Le 3 mai 1963, c’est l’ordination presbytérale à Ciney, des mains de Mgr Musty, évêque auxiliaire de Namur.
Le jeune Capucin de bientôt 28 ans part alors en formation pastorale à Lyon, puis est nommé vicaire à la paroisse Saint-Lazare à Tournai. C’est alors qu’on le retrouve en stage au Collège d’Amérique Latine à Louvain, avant le grand départ de 1966.
Retour à Mons
Franchissons à nouveau les décennies à grandes enjambées : trente ans plus tard, il retrouve Mons et le couvent de son noviciat où il devient « gardien », c’est-à-dire supérieur d’une petite communauté de cinq ou six membres. Très vite, on lui demande de venir rendre des services à la paroisse de Messines, où l’on célèbre encore de nombreuses messes le dimanche… « J’ai connu les abbés Toussaint, Nokerman, Oscar Leclercq…» Avec la maladie, puis la mort du curé, l’abbé Lebailly, le frère Remo prend en charge la paroisse et vient habiter la cure avec le Frère Bernard et le Père Charles. Aujourd’hui, il vit seul à la rue de Bertaimont et, s’il n’est plus curé, il demeure attaché au clocher de Messines où il est très présent comme prêtre auxiliaire. Il célèbre le dimanche matin à Messines, puis file vers le Shape où il a la joie d’être l’aumônier de la communauté espagnole, après avoir été longtemps celui de la communauté italienne… Exorciste du diocèse jusqu’il y a quelques années, il assure bien d’autres services, comme la plupart des enterrements, mais également la messe chaque semaine aux Foyers Saint-Joseph et à la Bonne Maison de Bouzanton, ainsi qu’une fois par mois au home des Chartriers. A l’approche de ses 87 ans, le Frère Remo demeure fidèle à ses engagements pris voici bientôt soixante ans…
Hubert Wattier